Clément Molin

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🇺🇦/🇷🇺 J'ai discuté avec de nombreux journalistes, soldats et travailleurs humanitaires. Tous disent la même chose, la ligne de front est un bain de sang pour les civils : « Je me souviens qu'à l'automne 2025, lorsque j'étais à Pokrovsk, les bâtiments étaient remplis de cadavres et qu'une odeur de putréfaction imprégnait toute la ville » Il y aurait encore près de 10 000 civils à Droujkivka, 70 000 à Kramatorsk, des chiffres gigantesques quand on sait que ces villes sont désormais quotidiennement ciblées par les bombes guidées russes, capables de raser des immeubles entiers. C'est la face oubliée de cette guerre. Les pertes civiles sont trop souvent minimisées parce qu'on ne compte que ceux qui meurent à l'arrière. En réalité, des dizaines de milliers de civils sont probablement morts sur la ligne de front depuis 2022. Photos : Yan Dobronosov

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En Ukraine 🇺🇦, le dilemme des 100 000 civils du Donbass A l'heure actuelle, un peu plus de 100 000 civils, principalement âgés vivent encore dans l'oblast de Donetsk sous contrôle de l'Ukraine. Ils sont un problème majeur pour le gouvernement et compliquent les opérations militaires. Parmi ces 100 000 civils, la plupart vivent dans les principales villes, en particulier à Kramatorsk ou Sloviansk. Certains restent parce qu'ils sont trop pauvres, d'autres parce qu'ils sont trop âgés, d'autres encore parce qu'ils n'ont nulle part ou aller et qu'Ukraine ou Russie, ça leur est égal. Cependant, ces 100 000 civils pèsent lourdement sur l'armée ukrainienne. Il faut organiser des opérations d'évacuation au dernier moment, souvent au péril de la vie des volontaires et il faut veiller à ce que les commerces restent ouvert. Voici quelques uns des principaux challenges : 🔹Certains civils servent d'espions pour l'armée russe, les soldats ukrainiens s'en méfient 🔹Lors des bombardements (notamment les KAB), des dizaines de civils sont tués ou blessés, il faut les évacuer en urgence, la Russie intensifie son safari humain vers le Donbass 🔹La logistique routière doit prendre en compte ces civils, ce qui complique les déplacements 🔹La présence de civils empêche la préparation défensive totale du terrain Et c'est sur ce point que je souhaite revenir. Sans la présence de civils, les ukrainiens pourraient barrer certaines rues, détruire certains quartiers utilisés pour les infiltrations, préparer des pièges dans certains immeubles, préparer une défense plus poussée. Avec les civils, il faut faire avec. Mettre une position à côté des civils, c'est prendre un double risque : qu'ils le disent aux russes ou qu'ils soient touchés par les combats. En Ukraine, environ 1 million de civils vivent à moins de 30 km de la ligne de front. C'est autant de vies en dangers, de situation humanitaires difficiles et de difficultés du quotidien. 5 grandes villes ukrainiennes sont à proximité du front, Kherson, Zaporijjia, Kramatorsk, Kharkiv et Soumy. Ayant eu l'occasion de me rendre à Zaporijjia, j'ai vu à quel point il y a encore du monde, mais à quel point le danger peu venir à tout moment. Rien que dans cette ville, 3 à 5 civils sont tués en moyenne tous les jours dans les frappes russes… Depuis le début de la guerre, 40 000 à 50 000 civils ont été tués. C'est peu si on compare à d'autres conflits, mais c'est en réalité énorme pour un conflit en Europe, au 21ème siècle…

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