Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge)
[3/6] Axe 1⃣ Un plan national de restructuration de la biogéographie des filières agricoles Nous devons progressivement adapter la géographie de nos productions agricoles aux climats futurs. Cela peut signifier, par exemple, réduire certaines surfaces de maïs dans les territoires où cette culture devient trop vulnérable, développer davantage l’olivier dans certaines régions du Sud-Est, accompagner la progression vers le nord du pois chiche, de la pêche, de la patate douce ou d’autres productions adaptées à des climats plus chauds (ce ne sont que des exemples parmi des centaines). Lorsque les rendements d’une culture diminuent durablement malgré les adaptations techniques, cela signifie aussi qu’une production historiquement adaptée à un territoire peut progressivement ne plus l’être au nouveau climat. Mais une telle transformation ne pourra jamais reposer uniquement sur les agriculteurs. C’est toute la filière qui doit se déplacer et se restructurer avec eux : sélection variétale, semences, producteurs, coopératives, transformateurs, distributeurs, consommateurs, restauration collective et pouvoirs publics. Et surtout, le risque économique de cette transition doit être partagé. On ne peut pas demander à un agriculteur de transformer seul une exploitation construite parfois sur plusieurs générations et de supporter seul le risque d'échec. L’adaptation agricole doit devenir un projet collectif de filière et de territoire.