Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge)
[5/6] Axe 3⃣ Un plan national autour du trio paysage–écoulement de l’eau–microclimat. Nous devons également repenser le paysage agricole lui-même comme un outil d’adaptation climatique (i.e. hydrologie régénérative). Il faut notamment réimplanter durablement l’arbre et les haies dans les territoires agricoles. Nous pourrions pour cela nous inspirer de dispositifs de rémunération des services écosystémiques (appliqué depuis peu en Suisse avec un grand succès !) afin que les agriculteurs qui entretiennent ces infrastructures bénéficient d’une rémunération stable et de long terme. Haies, arbres, bandes végétalisées, talus, fossés, murets et autres éléments du paysage doivent également être intégrés dans une réflexion globale sur les écoulements de l’eau à l’échelle des bassins versants. Pendant des décennies, nous avons souvent cherché à évacuer l’eau le plus rapidement possible. Il faut désormais, lorsque le contexte le permet, ralentir la course de l’eau dans nos territoires. Plus nous ralentissons son écoulement, plus nous lui laissons le temps de s’infiltrer dans les sols et de recharger les réserves utiles aux cultures et aux écosystèmes. Cela inclut notamment les réserves d'eau d'écoulement (retenues collinaires entre autres) en accompagnant l'irrigation avec des sols plus vivants (axe 2). Ces paysages plus complexes permettent également d’agir sur les microclimats : ombrage, réduction du vent, limitation de certaines pertes par évaporation et création de refuges face aux chaleurs extrêmes.